Incontestablement, les arguments que nous avons développés dans nos différents courriers au préfet de la Manche étaient suffisamment pertinents pour jouer le rôle de grain de sable dans cette mécanique trop bien huilée que sont malheureusement les enquêtes publiques.
En connaissance de cause, le préfet a envoyé une lettre aux deux commanditaires leur faisant part des lacunes du dossier en particulier par rapport aux espèces et milieux relevant des directives européennes. Il demande une étude complémentaire sur les incidences pour ces espèces.
Voir la lettre du préfet.
Une phase de réflexion…
Après quelques gesticulations médiatiques de la part des promoteurs pour essayer de faire valoir l'urgence de ces travaux, il semble que nous soyons dans une phase de réflexion...
En tout état de cause, si les commanditaires s’entêtent dans leur projet, il leur faudra financer une nouvelle étude plus poussée qui devra se dérouler sur un cycle d’un an minimum pour analyser l’impact des travaux (et de l’entretien inévitable) sur le milieu et les oiseaux nicheurs, de passage et hivernants. Nous ne voyons pas comment un bureau d’étude pourrait nier les menaces que représente un tel chantier dans ce site Natura 2000. Nous restons très attentifs à la suite des événements.
Voir la rubrique « Actualités naturalistes ».
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Associations et particuliers, défendez avec nous les lois de protection de la nature. Signez la pétition !
Playmobil,playmobil en avant les histoires.
Cordialement
Olivier Hesnard
Chargé d\\\'études Naturalistes
il est possible d'organiser une pétition nationale en s'adressant aux cyberacteurs.
taper "cyberacteurs" sur un moteur de recherche, le site s'affiche; allain Uguen vous donnera les infos pour organisr la paétition
nous soutenons pleinement votre action! il est grand temps que les élus se calment...Vivement qu'il n'y ait plus une goutte d'essence à la pompe!
je vous soutiens pour cette action pour que puisse vivre sereinement la nature ;à l\\\'heure ou l\\\'on parle souvent de diversité (bio) il est temps de se rassembler pour sauvegarder ce qu\\\'il en reste
cordialement et courrage à vous tous
Je ne comprends même pas comment on peut pondre des projets comme celui ci. Et comment il peut être accepté par le commissaire enquêteur après la quantité de lettre annoncant le désastre de ce projet.
Il est impossible de toute façon pour la nature, pour ceux qui l'observent et qui la protègent de concevoir la moindre partie de ces aménagements.
Au regard du projet et en tant que futur demandeur d’emploi, je compte me recycler dans le BTP. Puis-je savoir comment obtenir la maîtrise d’œuvre des travaux de désensablement du site ? Cela me permettra d’avoir un emploi à vie et de le transmettre à mes enfants qui le transmettront à leurs enfants… Il n’y a pas donc lieu de se plaindre. De plus, cette opération renforce notre image locale car, même si ce lieu n’est pas une baie mais un havre qui appartient à
la Sienne
la Sienne
et seulement à
, nous pourrons avoir la fierté d’engager le même type de travaux que dans notre célèbre baie du Mont Saint Michel.
Aussi, nous avons donc toutes les raisons pour féliciter nos décideurs et nos techniciens d’avoir eu cette géniale idée de vouloir lutter ad vitam aeternam contre la mer. Ne le dites pas à David, il finirait par croire qu’il sait tromper de Goliath.
Peut-on conclure que l’inefficacité de ces travaux de déménagement, au sens propre du terme, est proportionnelle à leur coût ?
Comment se fait-il que ces déménageurs ne le sachent pas, car bien des expériences l’ont malheureusement montrées : lorsque l’homme a la prétention d’ignorer ou de maîtriser par la force son environnement, il accélère à la fois la dégradation de celui-ci mais également sa propre perte.
Depuis plusieurs années déjà, les gestionnaires de milieux naturels préconisent l’usage de méthodes douces, voire l’acceptation de laisser notre chère nature se débrouiller toute seule (écosystèmes forestiers, fleuves, cordons dunaires,…) comme elle le fait très bien depuis si longtemps. On sait même attribuer à cette nature une valeur économique, sociale. Alors pourquoi ne pas laisser respirer durablement ces différents milieux. Cela permettra d’une part, aux enfants de nos enfants d’aller s’émerveiller dans cet espace naturel exceptionnel et d’autre part de leur raconter qu’il y a bien longtemps des hommes avaient voulu…
Anonyme
Lorsque l\\\'on voit les blessures infligées à notre terre, comment peut on vouloir encore massacrer un site exceptionnel comme ce havre.? Il est temps que certains élus comprennent qu\\\'il faut cesser de vouloir tout normaliser, artificialiser, affadir...S\\\'ils veulent laisser une trace de leur passage sur terre, la meilleure chose serait justement de ne pas en laisser...tant pis pour leur ego !! Prenons exemple sur ce qui se passe sur la Loire et mobilisons nous pour dire à nos apprentis aménageurs que nous aussi nous voulons une Sienne Vivante dans un Havre de paix...
Abrérant ! Le conservatoire du littorale n\\\'a rien à dire ! La DIREN ne trouve rien à redire !? Abérant ! Ce genre de travaux doit prévoir des mesures compensatoires (est-ce vraiment possible !?), qu\\\'en est-il ? Il faudra cerrtainement prévoir une mannif !
On ne touche pas à la Pointe d'Agon !!!!
Cela fait des générations que le havre vit sa vie, les iles se creant, se déplaçant au gré des marées, des grandes et des petites.
C'est pas la peine d'avoir fait des études pour nous pondre un pareil projet !! Que fera-t'on des moutons de pré-salé ? Est ce que le commissaire enquéteur à prévu de les déplacer aussi ? Et les hérons ?
La bonne nouvelle c'est que vue l'état des finances du budget de la France, ce type de "cogitation abracadabrantesque" devrait rester uniquement dans les anales, sur une belle étagère au fin fond des archives régionales.
Merci de m'alerter dès que vous menerez une action.
signé : small Ben
Mais surtout, quand bien même nous aurions les moyens technologiques, sinon d’empêcher, du moins de retarder le processus, les raisons de ne pas les mettre en œuvre dans ce havre sont multiples :
- Aucune zone urbanisée n’est menacée à moyen terme. Peut-être faudra-t-il un jour protéger les stations balnéaires qui ont pris le risque de construire en front de mer par des enrochements toujours plus grands, y compris sur leurs flancs, mais nous n’en sommes pas là.
- L’érosion ne menace que des zones naturelles… du moins est-ce une façon toute anthropique de voir les choses. Disons plutôt que les habitats sont transformés. L’estran prend la place de la dune.
- Le risque d’atterrissement total n’existe pas, votre scénario catastrophe n’est pas vraisemblable : La Sienne et la Soulles réunies ont un débit suffisant pour se frayer un passage. Mais quand bien même les eaux s’accumuleraient en arrière des cordons dunaires, ce ne serait qu’une évolution naturelle et le milieu n’en serait pas appauvri. Il y aura toujours un littoral !
- Il se peut que la navigation ne soit pas facilitée par une politique de non-intervention mais les nuisances provoquées par un chantier perpétuel dans le havre affecteraient quant à elles la totalité des usagers.
- Enfin et surtout Monsieur de Narbonne, nous vivons actuellement la plus grave catastrophe écologique de tous les temps : par la faute de l’homme, une grande partie des espèces vivantes vont disparaître à jamais de la planète. Et ce n’est pas, cette fois, une prospective fumeuse, c’est la réalité, nous la vivons. Or ces travaux n’auraient pas seulement pour conséquence de défigurer définitivement le havre, ils auraient un impact désastreux sur la biodiversité. Le littoral est un milieu rare par définition, de très nombreuses espèces ne vivent qu’à cet endroit, s’y nourrissent, s’y reproduisent. C’est pourquoi il bénéficie de tant de mesures de protection.
Or ce littoral, objet de toutes les convoitises, a déjà beaucoup perdu de sa richesse, urbanisé, aménagé, souillé, hyper fréquenté. Nous désirons maintenant conserver indemnes les rares espaces côtiers qui subsistent. Nous préférons un site naturel modelé par les tempêtes et les marées, perdant d’un côté mais gagnant de l’autre, à un site artificialisé par des épis rocheux, des digues, et dévasté par des bulldozers.
Alain Livory
à m.alain livory
cher monsieur
j\\\'ai lu avec attention votre réponse
vous faites un amalgame ecologico planétaire de scenario catastrophe de montée des eaux , scenario bien connu de fonte glaciaire et du permafrost qui ferait monter les eaux .regneville n\\\'est pas les maldives et le bengladesh.ce scenario n\\\'est qu\\\'un scenario .
_ il ne s\\\'agit que de remettre la sienne dans son lit et de détruire le banc de sable très nouveau de la pointe
_la faune aviaire sera peu touchée, du vaudredoux au pont de la roque le marais sera intact.
_la récupération du sable peut se faire par une barge suceuse qui peut envoyer le sable par conduite sur montmartin ce qui est une alternative souhaitable , je suis d\\\'accord avec vous que les camions sont une nuisance inacceptable.
Je vais essayer de vous répondre point par point :
1 - Vous parlez d’un scénario catastrophe concernant la remontée des eaux, comme s’il ne s’agissait que d’un film de science fiction destiné à faire peur à quelques personnes trop crédules. Vous réagissez là comme malheureusement trop de nos compatriotes qui préfèrent ne pas voir les choses en face. C’est la politique de l’autruche.
L’élévation du niveau des mers n’est pas annoncée.
Elle est déjà là !
Voici par exemple quelques extraits scientifiques - Données CNRS - Lettre du changement global n°19, mai 2006 (http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosclim/biblio/pigb19/03_montee.htm)
« ...la mer monte de façon significative, à une vitesse de l’ordre de 2 mm par an, soit 20 fois plus vite qu’au cours des derniers siècles. Cette hausse du niveau de la mer, d’environ 20 cm au total au cours du 20e siècle, est une des conséquences du réchauffement climatique ... »
« Depuis le début des années 1990, les satellites altimétriques, en particulier Topex-Poseidon et Jason, surveillent en permanence les variations du niveau de la mer, avec une précision remarquable et une couverture globale. Ces nouvelles observations montrent qu’au cours des 12 dernières années, le niveau moyen global de la mer s’est élevé de près de 3 mm par an… »
« Pour les prochaines décennies, la dilatation thermique de l’océan continuera d’être le facteur dominant. En effet, en raison de l’énorme capacité thermique de l’eau de mer, la chaleur accumulée dans l’océan au cours du temps causera une hausse inexorable du niveau de la mer. »
Evidemment on peut toujours discuter sur les chiffres. Combien de centimètres, en combien d'années ? Mais le phénomène est enclenché et, vue l'inertie, il n’est pas près de s'arrêter.
2 - Le lit de Sienne ? Lequel ? Celui juste avant la construction de la digue basse ? Celui d'il y a un siècle, ou deux ? Quant au blanc de sable que vous qualifiez de très nouveau, il représente l’état actuel d’un phénomène séculaire, l’allongement de la pointe d’Agon. Il fut un temps où les magnifiques dunes fixées dont nul ne conteste l’existence furent « des bancs de sable nouveaux ».
3 - L'avifaune du fond du havre n'est pas la même que celle de l'embouchure : ainsi le gravelot à collier interrompu, espèce patrimoniale, ne fréquente pas les herbus de Tourville mais en revanche il niche exactement sur les bancs de sable dont vous acceptez l’arasement.
4 - Enfin, si vous êtes d'accord pour dire "que les camions sont une nuisance inacceptable", je ne peux que vous inviter à signer la pétition pour demander l’abandon de ce projet en l'état.
Philippe Scolan
Il faut créer une solidarité sur tout le littoral et lier nos combats sur internet pour leur donner un maximum de visibilité.
Bruno, responsable du blog du Peuple des dunes en Bretagne
en réponse à m.Scolan Monsieur
le sort des oiseaux est certes interessant mais je pense qu\\\'il reste bien des sites où s\\\'installer si d\\\'aventure ils étaient chasser d\\\'agon (havre de la venlée entre autres).Ces oiseaux existaient avant que le banc d\\\'agon n\\\'existe et nul doute qu\\\'ils survivront après sa destruction .Mon sentiment est que vous confondez à plaisir et intentionellement le fond et la forme.Doit on corriger les errances de la nature au profit de l\\\'homme :oui cent fois comment le faire avec tact et modération, là est le problème.et je suis prêt à en discuter , les moyens existent .ou bien allez expliquer aux habitants des pays bas qu\\\'il faut laisser faire la mer pour ne pas perturber je ne sais quel pingouin à tête fourchue je crains qu\\\'ils ne vous jettent des pierres!
Enfin à tous les défenseurs des dunes il serait souhaitable d\\\'expliquer que le banc d\\\'agon est néoformé aux dépens des dunes de montmartin et hauteville et j\\\'aimerais que vous soyez un peu plus solidaires des habitants de ces communes qui voient leur littoral se détruire au profit de ce banc.Les courlis à tête huppées c\\\'est bien mais le patrimoine des hommes c\\\'est mieux bien à vous et très civilement votre.
Il s’agit de sauvegarde de la biodiversité et par-là même de survie de l’homme en tant qu’espèce animale.
Vous n’êtes pas sans savoir que nous assistons à une disparition massive des espèces animales et végétales. Les scientifiques parlent de la sixième vague d’extinction, mais cette dernière prend des proportions jamais vues en terme de vitesse et elle est liée directement à l’activité humaine. Si on ne fait rien, d'ici 2025, un quart des espèces animales pourrait disparaître.
Bien sûr vous allez sourire en pensant que vient faire le havre de Regnéville dans ce problème mondial ?
Nous pourrions dire que les Africains n’ont qu’à protéger leurs éléphants, les Asiatiques leurs tigres, les Brésiliens leur forêt tropicale… Et nous ? Sommes-nous capables de choisir des milieux naturels devenus rares et de protéger toute la diversité biologique qui s’y rattache en les désignant comme faisant partie d’un réseau européen ? C’est une question d’éthique, de conscience vis-à-vis des autres peuples sur la planète et des générations futures.
La diversité biologique est un patrimoine naturel et un support vital. Les conditions extraordinaires qui ont permis l’apparition de la vie sur terre, cette diversification de plus en plus complexe de toutes les espèces et leur évolution contribuent de nos jours à assurer l'existence des générations actuelles et futures de l'espèce humaine.
Regardons ensemble dans quel état nous avons mis notre planète. Où en est ce bel équilibre naturel qui nous a offert toute cette richesse ? Je ne vais pas faire la liste de tous les désordres liés à notre aveuglement, il n’y a qu’à regarder les journaux ou la télé.
Nous sommes en train de scier la branche sur laquelle nous sommes assis !
Nous ne pouvons pas faire le choix entre la Nature et l’Homme, car si l’une peut vivre sans l’autre, l’inverse est faux !
Alors oui, pour moi le projet dans le havre de Regnéville est contre Nature et contre l’Homme.
Et pour répondre à quelques-unes de vos affirmations :
OUI le gouvernement des Pays-Bas sait prendre des décisions importantes comme tout récement de déménager plusieurs exploitations agricoles et de détruire des digues pour rendre le caractère submersible à des polders et ainsi limiter les risques d’inondation. NON il ne reste pas "bien des sites" de cette qualité et surtout pas le havre de la Vanlée, particulièrement dégradé par l'homme. OUI les oiseaux comme toutes les espèces finissent par disparaître quand ils habitent des biotopes rares qui sont peu à peu détruits, NON l'homme n'a aucun droit sur la nature et ses prétendues errances, il a surtout intérêt à la conserver, il y va de sa propre survie. C'est en ce sens que nous sommes solidaires des hommes.
Réagissez pendant qu’il en est encore temps !
Philippe Scolan
- Erosion et changement de mode de gestion des plages.
article de 9 pages dans la Gazette des communes,
départements et régions N° 26 du 30 juin 2008
- L'érosion des plages - les causes, les remèdes
par Roland PASKOFF et Christine CLUS-AUBY
Institut océanographique éditeur Paris Monaco, 2007
collection "propos" , 2007
ISBN 978-2-903581-47-3
commentaire: lecture très accessible; le cas de Coutainville
y est évoqué.